Organiser les absences dans une petite équipe

Absence injustifiée d'un salarié : la marche à suivre

Par François 5 min de lecture
Étapes graduées face à une absence injustifiée : contact, mise en demeure, retenue, sanction

Face à une absence non justifiée, la démarche est graduée : prendre contact le jour même, envoyer une mise en demeure écrite de justifier ou de reprendre le travail après quelques jours sans nouvelle, puis, seulement si l'absence persiste sans explication, envisager une sanction disciplinaire. La retenue sur salaire correspondant au temps non travaillé est licite, mais elle ne constitue pas une sanction et ne dispense pas de la procédure.

#Étape 1 : le jour même

Un salarié ne se présente pas et n'a pas prévenu. Avant toute chose : appelez-le. Dans neuf cas sur dix, il s'agit d'un problème de santé, d'un empêchement familial ou d'un malentendu sur les dates.

Notez la date, l'heure et le résultat de votre tentative de contact. Cette trace vous servira si la situation se prolonge.

#Étape 2 : après 48 heures sans nouvelle

Le salarié dispose en principe de 48 heures pour transmettre un arrêt de travail. Passé ce délai sans justificatif ni contact :

Envoyez une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. Elle doit être factuelle et neutre : rappeler les dates d'absence, demander la justification ou la reprise du travail, fixer un délai de réponse — huit jours est un repère raisonnable —, et indiquer les conséquences possibles.

Restez neutre dans le ton. Ce courrier peut se retrouver devant un conseil de prud'hommes.

#Étape 3 : la retenue sur salaire

Une absence non travaillée n'a pas à être rémunérée. La retenue correspondante est licite, à deux conditions : elle doit être strictement proportionnelle au temps non travaillé, et elle ne doit pas être présentée comme une sanction.

C'est un point important : une retenue disproportionnée constituerait une sanction pécuniaire, laquelle est interdite en droit français.

#Étape 4 : la sanction, seulement si nécessaire

Si l'absence se prolonge sans justification malgré la mise en demeure, une sanction disciplinaire devient envisageable. Elle suit alors sa propre procédure : convocation à un entretien préalable, entretien, notification.

L'échelle des sanctions va de l'avertissement au licenciement, en fonction de la durée de l'absence, de son caractère répété, du préjudice pour l'entreprise et de l'ancienneté du salarié.

Attention à un point souvent mal compris : une absence injustifiée ne vaut pas démission. Un salarié qui ne revient pas n'a pas rompu son contrat ; c'est à l'employeur d'engager une procédure. Depuis 2023, un dispositif de présomption de démission existe en cas d'abandon de poste, mais il obéit à une procédure spécifique et à un formalisme strict.

Une absence sans justificatif ne doit pas non plus être confondue avec une absence autorisée mais non rémunérée, qui relève du congé sans solde et suppose un accord préalable.

#Les erreurs à ne pas commettre

Considérer que le salarié a démissionné et cesser de le payer sans procédure.

Sanctionner immédiatement sans avoir cherché à joindre le salarié ni envoyé de mise en demeure.

Retenir plus que le temps non travaillé, ce qui constitue une sanction pécuniaire illicite.

Ne rien faire pendant des semaines : l'inaction affaiblit votre position et peut valoir renonciation à agir.

Un dernier réflexe utile : vérifier que l'absence n'était pas simplement mal enregistrée. Une demande acceptée oralement et jamais tracée produit exactement les mêmes symptômes — voir Refuser un congé.

Cet article décrit une démarche générale. Toute procédure disciplinaire mérite l'avis d'un conseil : les erreurs de forme sont la première cause de requalification.

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Questions fréquentes

François, fondateur de congéo

J'écris sur la gestion des congés dans les petites entreprises.

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