Congé sans solde : comment l'encadrer sans se tromper
Le congé sans solde n'est prévu par aucun texte du code du travail : il résulte d'un simple accord entre l'employeur et le salarié. L'employeur n'est jamais obligé de l'accorder, et le salarié n'est jamais obligé de l'accepter. Comme rien n'est encadré par la loi, tout doit être écrit : durée, date de retour, effets sur la rémunération et sur les compteurs.
C'est précisément parce qu'il n'existe aucun cadre légal que ce congé mérite d'être formalisé avec soin.
#Ce que c'est, et ce que ce n'est pas
Le congé sans solde est une période d'absence autorisée, non rémunérée, pendant laquelle le contrat de travail est suspendu — mais pas rompu.
Il se distingue des congés légaux qui ont, eux, leur propre régime : congé sabbatique, congé pour création d'entreprise, congé parental, congé de proche aidant. Ces derniers obéissent à des conditions d'ancienneté et à des procédures précises. Le congé sans solde, non.
#Les effets à connaître
| Élément | Effet pendant le congé sans solde |
|---|---|
| Rémunération | Suspendue |
| Acquisition de congés payés | Suspendue (la période n'est pas du travail effectif) |
| Ancienneté | En principe non prise en compte |
| Protection sociale | Maintien limité dans le temps, à vérifier |
| Contrat de travail | Suspendu, non rompu |
| Retour | À la date convenue, sur le même poste ou équivalent |
Le point le plus souvent oublié : le congé sans solde ne génère pas de congés payés. Un salarié absent trois mois sans solde acquiert trois mois de moins de congés. C'est logique, mais rarement anticipé — et cela crée une surprise au moment du décompte. Le mécanisme d'acquisition au mois est détaillé dans Congés d'un salarié arrivé en cours d'année.
#Ce qu'il faut écrire
Un simple échange d'emails suffit dans une TPE, mais il doit contenir :
- Les dates précises de début et de fin.
- La date de reprise effective, formulée sans ambiguïté.
- La mention explicite que la période n'est pas rémunérée et ne génère ni congés payés ni ancienneté.
- Le poste au retour : le même, ou un poste équivalent.
- Les conditions d'une éventuelle prolongation — sinon chaque prolongation devient une négociation.
Une précision utile : indiquez que l'absence de retour à la date convenue sans justification constituera une absence injustifiée. Cela évite les situations les plus délicates.
#Peut-on refuser ?
Oui, sans avoir à se justifier, sauf s'il s'agit d'un congé légal spécifique répondant à ses propres conditions. C'est d'ailleurs la principale différence pratique : un congé sabbatique répond à des critères objectifs, un congé sans solde relève de votre appréciation.
Attention toutefois à la cohérence : accorder systématiquement à certains et refuser à d'autres sans critère explicable crée un risque de discrimination. Le cadre général est posé dans Gérer les congés en TPE : le guide complet.
#Les situations les plus fréquentes en TPE
Le salarié qui n'a plus de congés et souhaite partir plus longtemps. Cadrez la durée et vérifiez l'impact sur l'organisation.
La fermeture annuelle qu'un salarié récemment embauché ne peut pas couvrir avec ses jours acquis. C'est le cas d'usage le plus courant — voir Fermer son entreprise entre Noël et le Nouvel An.
Le projet personnel — voyage, formation, situation familiale. Rien n'oblige le salarié à en indiquer le motif.
Congéo permet de créer un type d'absence « Sans solde » non décompté des soldes de congés payés, et de le faire apparaître au calendrier d'équipe. Essai gratuit de 30 jours.
Questions fréquentes
François, fondateur de congéo
J'écris sur la gestion des congés dans les petites entreprises.
Les outils Congéo sur le sujet
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Congés d'un salarié arrivé en cours d'année : le prorata expliqué
Un salarié embauché en cours de période acquiert des congés dès son premier jour, à raison de 2,5 jours ouvrables (ou 2,08 jours ouvrés) par mois de travail effectif. Un salarié arrivé le 1er septembre avec une période de référence démarrant au 1er juin aura donc acquis 22,5 jours ouvrables au 31 mai suivant, et non 30. Il n'existe plus de délai de carence : le droit s'ouvre immédiatement.
Calcul des jours de RTT : combien de jours et comment les attribuer
Contrairement aux congés payés, les RTT ne résultent d'aucun droit légal automatique : elles découlent exclusivement d'un accord collectif ou d'une convention. Le nombre de jours dépend de la durée hebdomadaire de travail retenue — pour un salarié à 37 heures, on obtient couramment 11 à 12 jours par an. Tous les salariés d'une entreprise n'ont pas nécessairement de RTT : cela dépend de leur contrat.