Congés d'un salarié à temps partiel : les erreurs de calcul classiques
Un salarié à temps partiel acquiert exactement le même nombre de jours de congés qu'un salarié à temps plein : 2,5 jours ouvrables par mois, soit 30 jours ouvrables (ou 25 jours ouvrés) par an. Il n'y a aucune proratisation à l'acquisition. La difficulté se situe uniquement au décompte, lorsque le salarié ne travaille pas tous les jours de la semaine.
C'est l'une des erreurs les plus fréquentes, et elle joue presque toujours en défaveur du salarié.
#L'acquisition : pas de prorata
C'est le point contre-intuitif. Un salarié travaillant trois jours par semaine acquiert autant de jours de congés qu'un salarié à temps plein.
Un salarié à 60 % qui aurait 15 jours au lieu de 25 serait doublement pénalisé : il travaillerait moins et aurait moins de repos. Le droit français l'a exclu.
Règle : 2,5 jours ouvrables par mois travaillé, quel que soit le taux d'activité. Le prorata ne joue qu'en cas d'arrivée en cours de période, comme expliqué dans Congés d'un salarié arrivé en cours d'année.
#Le décompte : la vraie difficulté
C'est ici que les erreurs apparaissent. Le principe posé par la jurisprudence : on décompte à partir du premier jour où le salarié aurait dû travailler, puis on compte tous les jours ouvrables (ou ouvrés) qui suivent jusqu'à la reprise — y compris ceux qu'il ne travaille habituellement pas.
Prenons un salarié travaillant lundi, mardi et jeudi, en décompte ouvrable, qui prend une semaine complète :
- Premier jour de congé : lundi (jour habituellement travaillé).
- On décompte jusqu'au samedi inclus : 6 jours ouvrables.
Et non trois. Le raisonnement est cohérent avec le fait qu'il acquiert 30 jours et non 18 : puisqu'il acquiert comme un temps plein, il consomme comme un temps plein. Si la distinction ouvrés / ouvrables n'est pas claire, voir Jours ouvrés ou jours ouvrables.
#Les trois erreurs classiques
Proratiser l'acquisition. Créditer 15 jours à un salarié à 60 % est l'erreur la plus grave, et la plus fréquente dans les tableaux Excel.
Ne décompter que les jours travaillés tout en créditant 30 jours. C'est l'erreur inverse : elle offre mécaniquement des jours au salarié, et crée une inégalité avec les temps pleins.
Ne pas commencer le décompte au bon jour. Si le premier jour d'absence n'est pas un jour habituellement travaillé, le décompte ne démarre qu'au premier jour ouvré du salarié.
La cohérence est la règle d'or : acquisition et décompte doivent suivre la même logique.
#Le cas des jours fériés
Un jour férié chômé tombant un jour habituellement travaillé par le salarié à temps partiel ne peut pas être décompté de ses congés, exactement comme pour un temps plein.
En revanche, un jour férié tombant un jour qu'il ne travaille pas n'a aucune incidence — il ne peut pas prétendre à une récupération. Voir Un jour férié pendant les congés.
Congéo applique le même mode de décompte à tous les salariés, quel que soit leur taux d'activité — ce qui supprime l'incohérence la plus fréquente. Essai gratuit de 30 jours.
Questions fréquentes
François, fondateur de congéo
J'écris sur la gestion des congés dans les petites entreprises.
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Jours ouvrés ou jours ouvrables : le choix qui change tout dans vos calculs
Un salarié à temps plein acquiert 2,5 jours ouvrables de congés par mois, soit 30 jours ouvrables par an — ce qui équivaut exactement à 25 jours ouvrés, ou 5 semaines. Les jours ouvrables comptent du lundi au samedi ; les jours ouvrés, du lundi au vendredi. Le droit est identique, seule l'unité de compte change. L'erreur classique consiste à mélanger les deux.
Congés d'un salarié arrivé en cours d'année : le prorata expliqué
Un salarié embauché en cours de période acquiert des congés dès son premier jour, à raison de 2,5 jours ouvrables (ou 2,08 jours ouvrés) par mois de travail effectif. Un salarié arrivé le 1er septembre avec une période de référence démarrant au 1er juin aura donc acquis 22,5 jours ouvrables au 31 mai suivant, et non 30. Il n'existe plus de délai de carence : le droit s'ouvre immédiatement.
Calcul des jours de RTT : combien de jours et comment les attribuer
Contrairement aux congés payés, les RTT ne résultent d'aucun droit légal automatique : elles découlent exclusivement d'un accord collectif ou d'une convention. Le nombre de jours dépend de la durée hebdomadaire de travail retenue — pour un salarié à 37 heures, on obtient couramment 11 à 12 jours par an. Tous les salariés d'une entreprise n'ont pas nécessairement de RTT : cela dépend de leur contrat.