Travailler un jour férié : majoration, récupération, ce qui est dû
Un salarié qui travaille un jour férié ordinaire perçoit son salaire habituel, sans majoration légale ni repos compensateur. Seul le 1er mai fait exception : son travail, en principe interdit sauf activité ne pouvant être interrompue, ouvre droit à une indemnité égale au salaire de la journée, soit un paiement double. Toute majoration au-delà relève de la convention collective, d'un accord ou d'un usage.
C'est une des règles les plus contre-intuitives du droit du travail français, et l'une des plus mal appliquées.
#Le principe : pas de majoration légale
Contrairement à une idée très répandue, travailler le 14 juillet ou le 15 août n'ouvre droit à aucune majoration prévue par la loi. Le salarié perçoit sa rémunération habituelle, comme un jour ordinaire.
Le raisonnement du législateur : le jour férié n'est pas, en soi, un jour de repos obligatoire — à l'exception du 1er mai. Si l'entreprise ne le chôme pas, la journée est une journée de travail normale.
Le cas inverse — le salarié qui ne travaille pas un jour férié chômé — est traité dans Faut-il payer un salarié un jour férié non travaillé ?.
#Vérifiez votre convention collective
C'est le réflexe systématique. La très grande majorité des conventions collectives sont plus favorables que la loi et prévoient l'une ou l'autre de ces contreparties :
- une majoration de salaire, souvent de 50 % à 100 % ;
- un repos compensateur équivalent ;
- parfois les deux.
C'est particulièrement fréquent dans le commerce, l'hôtellerie-restauration, la santé et l'industrie — les secteurs qui travaillent effectivement les jours fériés.
Un usage établi dans l'entreprise produit le même effet : si vous avez toujours majoré, vous ne pouvez plus y renoncer unilatéralement.
#Le cas du 1er mai
Le 1er mai obéit à un régime unique :
Le travail y est en principe interdit. Seuls les établissements qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail sont autorisés : hôpitaux, transports, hôtellerie-restauration, commerces alimentaires, entreprises à feu continu.
Le salarié qui travaille perçoit, en plus de son salaire, une indemnité égale au montant de ce salaire. La journée est donc payée double.
À noter : cette indemnité ne se cumule pas nécessairement avec une majoration conventionnelle — c'est la disposition la plus favorable qui s'applique, pas leur addition. Vérifiez ce point avec votre comptable.
#Peut-on refuser de travailler un jour férié ?
Si l'entreprise ne chôme pas ce jour et que le salarié est planifié, le refus constitue une absence injustifiée. Le salarié ne dispose pas d'un droit de refus pour les jours fériés ordinaires.
Deux exceptions : le 1er mai dans les entreprises non autorisées à travailler, et les salariés de moins de 18 ans, pour lesquels le travail les jours fériés est en principe interdit.
#Ce qu'il faut écrire
Si votre activité implique de travailler certains jours fériés, trois éléments doivent figurer noir sur blanc dans une note de service ou dans les contrats :
- Quels jours fériés sont travaillés dans l'entreprise ;
- Quelle contrepartie s'applique — en reprenant votre convention ;
- Comment sont désignés les salariés concernés, si tous ne travaillent pas.
Ce troisième point évite l'essentiel des tensions : une rotation écrite vaut mieux qu'une désignation perçue comme arbitraire. Pour organiser l'année à l'avance, appuyez-vous sur le calendrier des jours fériés 2027.
Congéo permet de marquer chaque jour férié comme chômé ou travaillé au niveau de l'organisation, et applique la règle correspondante aux décomptes. Essai gratuit de 30 jours.
Questions fréquentes
François, fondateur de congéo
J'écris sur la gestion des congés dans les petites entreprises.
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Faut-il payer un salarié un jour férié non travaillé ?
Oui. Un jour férié chômé ne doit entraîner aucune perte de salaire pour les salariés justifiant d'au moins trois mois d'ancienneté dans l'entreprise. En dessous de trois mois, le maintien du salaire n'est légalement obligatoire que pour le 1er mai, qui est payé quelle que soit l'ancienneté. Les conventions collectives sont souvent plus favorables et suppriment fréquemment cette condition d'ancienneté.